Aisne. La singulière cloche de l'église de Nogent-l'Artaud est-elle l'œuvre d'un moine?

Parmi les trois cloches présentes à l'église, la plus grosse, présente un grand intérêt de l'art campanaire flamand.

Trop longtemps remisées dans un lieu inaccessible, les trois cloches visibles aujourd'hui dans la partie nord de l'église Saint-Germain de Nogent-l'Artaud, dans l'Aisne, n'ont pas manqué de surprendre plus d'un spécialiste.

Daniel Houpeau, président de l'association Nogent Historique, nous en conte l'histoire jusqu'ici inconnue.


Les anciennes cloches installées autrefois à l'extérieur, près de l'horloge, sont exposées dans l'église - Auteur: LE PAYS BRIARD

Une cloche intéressante

C’est ainsi que la plus importante, diamètre 53 cm, hauteur 55 cm, inscrite à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques (ISMH) depuis 2011, est intéressante à plus d’un titre.

Elle a appartenu visiblement à un ensemble de trois cloches vraisemblablement associé à une horloge mécanique aujourd’hui déposée mais ruinée, et dont la plus grosse aurait pu appartenir à l’abbaye des Clarisses toute proche.

Dépourvue de battant, sa base présente trois points de frottement résultant de la frappe d’un marteau.

Croix et blasons

Sa panse présente une particularité intéressante : une frise qui, sur sa partie supérieure représente divers symboles : étoile, fleurs, croix et divers blasons.

Immédiatement suivent un texte en caractères gothiques et une date : D ANTONIUS VERMAN ABBAS ME FUNDI CURABAT 1576, traduction : Antoine Vermans abbé me fondit en 1576.

Puis une seconde ligne : ANNA ERUCTAVIT COR MEUM IN DOMINO qui peut se traduire ainsi : Anne pria, et dit : Mon cœur se réjouit en l’éternel (cantique d’Anne, mère de Samuel).

L’expert campanaire en charge de son étude, après recherches, conclut ceci : Antoine Verman, est un père Abbé ayant appartenu à la célèbre abbaye de Vicogne (entre Arras et Saint-Amand) à l’époque une des plus « riches et grasses abbayes du Hainaut. ».

Vraisemblablement un des blasons figurant sur cette cloche est le sien, ainsi que celui de l’abbaye de Prémontrés dont il relevait (à la truie de sable courant sur une terrasse de sinople).

Et de conclure : Nul doute que cet abbé du XVIe siècle, en charge de cette abbaye aujourd’hui disparue, était aussi fondeur de cloches.

Un moine flamand

Ceci est confirmé d’ailleurs par la découverte d’une autre cloche appartenant à l’église du Sacré-Cœur de Valenciennes, datée du XVIe siècle présentant également les mêmes caractéristiques.

Comment cette cloche a pu parvenir intact jusqu’à nous, fondue dans l’enceinte de son abbaye située aujourd’hui dans les Hauts-de-France à l’initiative d’un moine flamand Antonius Verman décédé le 3 mai 1591 dont les restes reposent aujourd’hui sous les dalles de pierre d’une modeste église de Valenciennes.

Une bonne occasion d’entrer à l’occasion dans l’église, de la visiter et de s’intéresser au prestigieux mobilier renfermé ici comme parfois dans les biens modestes églises de nos campagnes.

RÉDACTION COULOMMIERS

Le Pays Briard (08-09-2021)

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