La sonnerie du glas, une tradition vieille de quinze siècles

Le glas a retenti à Paris et dans d’autres grandes villes de France, jeudi 8 janvier à midi, en hommage aux victimes de l’attentat contre Charlie Hebdo. D’où vient cette tradition, et que signifie-t-elle ?

Plusieurs centaines de personnes écoutent sonner le glas en hommage au victimes de l’attentat contre Charlie Hebdo, sur le parvis de Notre-Dame de Paris, jeudi 8 janvier 2015 à 12h. - Autor: ALEXANDRE, Mathieu (AFP)
Plusieurs centaines de personnes écoutent sonner le glas en hommage au victimes de l’attentat contre Charlie Hebdo, sur le parvis de Notre-Dame de Paris, jeudi 8 janvier 2015 à 12h. - Autor: ALEXANDRE, Mathieu (AFP)

DEPUIS QUAND SONNE-T-ON LE GLAS ?

Pendant longtemps, les cloches de l’Église ont servi à informer la population de l’arrivée d’événements de diverses natures. Outre les sonneries de chaque heure et celles qui annoncent la messe, le tocsin signale un danger (attaque, incendie…) ou appelle à la mobilisation générale. Dans le Sud-Ouest, il existait même une sonnerie spécifique pour signaler qu’un enfant abandonné avait été trouvé. Quand au glas, il annonce les événements tragiques.

L’Église introduit l’usage du glas, aussi appelé la « cloche des morts » dès le VIe siècle, et les premières utilisations attestées du glas pour signaler un décès remontent au VIIIe siècle.

Faute d’être codifiée formellement, la manière de sonner le glas a beaucoup varié selon les époques et les régions. À partir du XIIIe siècle, on sonne différemment selon que le défunt est un homme ou une femme. Sous l’Ancien Régime, dans certaines régions, on sonne aussi différemment selon la condition sociale du défunt.

QU’EST-CE QUE LE GLAS ?

Le glas est un son lent, généralement d’une seule note, qui peut durer plusieurs minutes, et parfois plusieurs heures. À l’origine, le glas sert à signaler l’agonie, le décès ou les obsèques d’une personne, généralement un fidèle chrétien.

Au moment des funérailles, le glas sonne trois fois : à l’entrée et à la sortie de la messe, et au moment de l’absoute (dernier rite pour demander l’absolution des péchés du défunt). Dans certaines régions, le glas sonne dès que le sacristain apprend le décès.

Il arrivait aussi que l’on sonne le glas avant le décès, lorsque le prêtre allait porter l’extrême-onction à la personne.

QUAND LE GLAS A-T-IL SONNÉ À NOTRE-DAME DE PARIS ?

Ce n’est pas la première fois que le glas sonne à Notre-Dame de Paris pour un événement qui ne concerne pas directement l’Église catholique. En 2013, les cloches de la cathédrale avaient tinté après la catastrophe ferroviaire de Saint-Jacques-de-Compostelle, en Espagne, qui avait fait 79 morts.

Auparavant, le glas avait retenti à Paris, plus traditionnellement, pour des funérailles. En 2007, celles du cardinal archevêque de Paris, Jean-Marie Lustiger, et en 2005, celles de Jean-Paul II.

Ailleurs en France, en 2003, la cathédrale de Boulogne-sur-Mer avait sonné le glas en signe de protestation contre le lancement de la guerre en Irak.

VAILLANT, Gauthier
La Croix (08-01-2015)
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